Mobilisation des professionnels de l'horticulture et du paysage en Outre-Mer : focus La Réunion

[ Le 10/06/2019 - La Réunion (974) ]

Les territoires d'outre-mer accueillent une biodiversité riche et spécifique. La forte croissance démographique et l'urbanisation à proximité de ces espaces remarquables, représentent des risques pour la préservation et la continuité des milieux naturels. Les espaces publics et privés urbains sont alors des maillons nécessaires au maintien des continuités écologiques du territoire dans sa globalité. En ce sens la qualité écologique des ces espaces est primordiale.

Sur l'île de La Réunion, les professionnels de l'horticulture et du paysage sont mobilisés pour l'identification et la diffusion de bonnes pratiques de conception et de gestion paysagères.

 

En s'appuyant sur l'objectif "zéro phyto" dans les collectivités, une réflexion a été engagée par l'Unep, l'EPLEFPA/CFPPA de Saint-Paul et le collectif de paysagistes-concepteurs Objectif Paysage, et a abouti à la publication en 2018 d'un guide pour la création, la réalisation et l'entretien des espaces paysagers sur l'île.

 

Par ailleurs, dès 2016 les professionnels de l'horticulture et du paysage ont été associés à la démarche de concertation locale pour établir les listes d'espèces à interdire d'importation et d'utilisation sur l'île. En effet les espèces invasives, animales et végétales, sont la première menace pesant sur la biodiversité et les milieux naturels remarquables de l’île. 37 % des plantes invasives actuellement à La Réunion ont été importées par le passé pour leurs qualités ornementales, que ce soit par des particuliers ou des professionnels. La majorité des espèces exotiques utilisées dans les aménagements paysagers ne sont pas invasives, et peuvent donc être utilisées par les professionnels de la filière dans le respect de la réglementation et l'application de bonnes pratiques. C'est ce que décrit le guide récemment publié par le comité Flore invasive composé de la DEAL, l’UNEP, l’UHPR, le CBNM, l’ARMEFHLOR et le Département de La Réunion. Ce guide met en avant des pratiques culturales à adopter concrètement pour limiter les risques d’invasion en tant que producteur ou entreprise du paysage.

 

La démarche participative DAUPI (Démarche Aménagements Urbains et Plantes Indigènes) a pour ambition de favoriser l'utilisation d'espèces indigènes et endémiques mais aussi d'espèces introduites non invasives dans le cadre de projets de végétalisation des espaces urbains et périurbains. Le Conservatoire Botanique (CBN-CPIE Mascarin) est un des principaux acteurs de la DAUPI. DAUPI, c'est une liste évolutive de 157 espèces indigènes, une carte de 20 zones où peuvent se développer ces espèces, 157 fiches descriptives d'espèces, 92 fiches itinéraires techniques de production, 2000 plants d'espèces indigènes produits, 12 producteurs de végétaux signataires, 2 communes et 1 intercommunalité signataires (source : Bilan d'activité DAUPI 2017). La poursuite de la démarche nécessite la construction d'un système viable de récolte et de distribution de semences d'espèces indigènes en se basant sur le réseau d'arboretums existant.